20.03.2012
On a la couronne qu'on mérite

« J’avais le moral dans les chaussettes ces derniers temps, mais je sais pourquoi. C’est pas à cause de l’autre qui pavoise depuis qu'il est élu. C’est vrai qu’il y a de quoi être patraque, mais même en somatisant un max, c’est quand même pas ça qui m’a collé un abcès ! Ma dentiste a dû me filer un remède de cheval et il paraît que ces antibios risquent de déclencher des trucs bizarres, style problèmes neurologiques et pustules sur tout le corps, enfin rien de très ragoûtant. Rien que de lire la notice du médicament, ça me rend malade ! Chaque fois que je peux, je préfère les tisanes et les remèdes naturels. Le thym me résout pas mal de choses mais un abcès dentaire ça rigole pas ! Bon, pour l’instant à part un petit coup de spleen, y a toujours pas de pustules sur le corps et c’est en bonne voie. Tant mieux, car si l’abcès passe pas, ma dentiste va m’enlever la jolie couronne qu’elle m’a posée, il y a même pas six mois. En plus elle l’a tellement bien collée que même en tapant dessus comme une dingue, la couronne résiste. Elle risque d’être obligée de la scier.
Ça promet ! Faut dire que lorsqu’on est pauvre et qu’on a une couronne, on s’y accroche. On tient à la garder. Bon c’est sûr que c’est quand même pas une couronne en or. C’est juste un alliage qui décourage pas vraiment les bactéries qui veulent s’y abriter. On a la couronne qu’on mérite. Même si je baragouine quelques mots en anglais comme " Blowin’ in the wind" j' suis quand même pas la reine d’Angleterre. Faut pas rêver ni compter sur la sécu, pour nous payer des dents en or. J' sais même pas si ça se fait encore. Faut dire que c’était risqué quand l’or était trop voyant dans le style sourire kitsch qui se voyait de loin. N’importe qui pouvait vous agresser pour vous arracher vos dents en or. C’est certainement à cause des délinquants que la Sécu préfère rembourser des couronnes que personne vous envie ! Et puis avec Sarko, y a même plus de délinquants : une société de rêve, quoi !
Faut quand même se coltiner les réflexions. Quand c’est pas le dentiste qui fait la gueule, y a toujours quelqu’un qui vous fait remarquer que vous êtes redevable de quelque chose. La secrétaire médicale a tenu à me donner le décompte de ces fameux appareils dentaires avec un air moralisateur qui n’augurait pas un avenir social bien solidaire. Elle a pris à témoin la dentiste gênée. " C'est pas parce qu’ils ont la CMU qu’ils doivent pas savoir combien on paie pour eux ! " Qui ça " ils ? "Les gueux bien sûr. Faut les responsabiliser pour qu’ils abusent pas, des fois qu’il leur prendrait l’envie d’aller souvent chez le dentiste : Se faire charcuter, y en a qui aiment ! C’est sûr qu’on s’habitue à la roulette. Y en a même qui se shootent à l’anesthésiant qui vous laisse la moitié de la gueule engourdie. Il en faut pour tous les goûts. Faut dire que pour les pauvres, aller chez le dentiste, c’est un peu la sortie du dimanche : on se brosse les dents, ce jour-là. Une fois à la Saint-glinglin c’est toujours ça de pris! »
Extrait du livre : "Du vent et des larmes " de Tramontane
Pour commander le livre : cliquer sur cette vignette :
17:33 Publié dans Livres, solidarité, Vivre l'écriture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.03.2012
Du vent et des larmes

J'ai plus assez de larmes pour pleurer. Depuis dimanche, une chape de plomb s'est abattue sur le pays. C'est pas vraiment une surprise mais ça fait tout de même mal.
J'ouvre ce blog. C'est un devoir de le faire parce que les gens vraiment dans la misère s'expriment pas sur Internet. Où sont leurs témoignages ? Pendant la campagne présidentielle, tout le monde a parlé à notre place comme si on formait un groupe homogène, une catégorie sociale à montrer du doigt. C'est nous, les damnés de la politique. C'est pas parce que des gens sont cassés qu'ils ont pas une histoire personnelle. Je raconterai quelques petits bouts de la mienne ou peut-être que j'en dirai pas grand chose laissant plutôt parler mon ressenti face à la politique qui se met en place. J' sais pas encore."
Tramontane est plus qu'un pseudo ; C'est un personnage fictif qui permet à Martina Charbonnel de mettre à distance son quotidien précaire et d'exprimer dans un style décalé ou satirique, ses angoisses devant les premières mesures annoncées au lendemain de l'élection présidentielle de 2007, Sa plume caustique n'épargne pas pour autant la gauche alors en pleine débâcle.
"Du vent et de larmes" reprend les notes de ce blog Le regard sur l'exclusion porté par ce livre se situe à des années lumière des discours politiques sur le sujet. Au printemps 2012, il est plus que jamais d'actualité.
Voir : Du vent et des larmes par Tramontane
17:21 Publié dans Vivre l'écriture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politiqye élections 2007, exclusion
29.02.2012
Moi, personnellement, je....

Un quadragénaire aux cheveux grisonnants arrive.
LE PSY: Bonjour, je viens pour l'annonce.
LE CADRE : Bonjour, je vois que vous êtes aussi ponctuel que moi.
LE PSY: C'est la déformation professionnelle.
LE CADRE : C'est bien ce que je me disais. Vous êtes aussi cadre ?
LE PSY: Pas exactement ! Je suis psychanalyste.
LE CADRE : Ah bon ? Je n'ai pas trop de sympathie pour votre profession. Je suis même plutôt méfiant. Chat échaudé craint l'eau froide !
LE PSY: Je suis habitué à ce genre de réaction. C'est votre droit le plus strict.
LE PROF(à son ami) : As-tu toujours envie d'attendre ici ?
L'ARTISTE : Oui, ça devient marrant.
LE PSY: Y a-t-il quelqu'un à l'intérieur ? Est-ce que les visites ont commencé ?
LE MILITANT : Depuis longtemps. Il y a une femme qui visite en ce moment.
LE PSY: Une femme ?
LE MILITANT : Oui, c'est pour son fils.
LE PSY : Ah, une mère ! (Il sourit.) Je vois. La maman doit avoir des arguments.
LE TIMIDE(au professeur) : Croyez-vous qu'il reviendra ?
LE PROF : Qui ?
LE TIMIDE : Le policier.
LE MILITANT : Le flic ? Bien sûr qu'il va revenir. Il va pas lâcher le morceau. Et alors, il ne faut pas t'écraser. T' as autant de chances que lui.
LE TIMIDE : J'en suis pas sûr.
LE PSY:Tout dépend du sentiment qu'on a de sa valeur et de l'image qu'on a de soi.
LE CADRE : Et peut-être aussi de ses revenus. Moi, personnellement, je n'ai pas à me plaindre de ce côté là. Et j'ai une image très positive de moi.
LE MILITANT : C'est pas la peine de le dire. On s'en était aperçu. Depuis que vous êtes arrivé, on n'entend que "moi, personnellement, je" Ça fait beaucoup pour une seule personne. Vous ne trouvez pas ?
LE CADRE : Et bien quoi, il n'y a pas de mal à se valoriser.
LE PSY: C'est même tout à fait conseillé, mais ce n'est pas une raison pour vouloir faire de son assurance, une question de supériorité. Sinon c'est que cette confiance en soi est bien fragile.
La porte s'entrouvre,
extrait de ma pièce Fais le Beau !
16:26 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.02.2012
Liberté chérie

On ne sait plus trop ce qu'est la liberté lorsque l'on on l'a toujours connue. Elle donne l'impression de toujours couler de source comme si en disposer était aussi simple que d'ouvrir un robinet pour avoir l'eau à portée de main.
Pourtant la liberté n'est pas également répartie dans le monde et l'eau encore moins mais peut-être faut-il ressentir le manque de l'une ou de l'autre pour sentir à quel point les deux sont précieuses.
Si l'eau est indispensable à la vie, la liberté l'est à peine moins car si l'on peut être amené à vivre privé de liberté, elle continue d'exister en rêve
Mais la liberté ne serait-elle pas toujours un rêve, un espoir une projection dans l'avenir, un souvenir , une abstraction ou une illusion ?
C'est le ressenti de sa privation ou la crainte de la perdre qui donne à la liberté la valeur que nous lui attribuons.
Les personnes qui ont vécu dans des sociétés totalitaires savent à quel point la liberté est précaire. Ayant grandi en Autriche pendant la période nazie, ma mère a gardé certains réflexes comme ne pas parler trop fort pour que les voisins n'entendent pas ce que l'on dit comme s'il y devait toujours y avoir quelque chose à cacher et comme si derrière chaque porte un voisin écoutait pour voir ce qu'il pourrait bien dénoncer
Ces précautions inutiles m'ont longtemps amusée et parfois agacée.
Aujourd'hui pourtant, je sens venir quelque chose comme ça. Internet a connu l'âge d'or de la liberté d'expression. Bien des gens en ont fait un piètre usage mais il était possible de renforcer les régles éthiques sans qu'il soit nécessaire jeter le bébé avec l'eau du bain. Ce bébé appelé "liberté" n'en était peut-être qu'à une crise de croissance.
Il marchait à peine et balbutiait avec jubilation ses premiers mots que déjà le voila interdit de parole.
Lorsque le monde va mal la liberté d'expression régresse. Tout est prétexte à asservir les peuples : les religions, les manipulations de l'information ,les tentatives de dresser les gens les un contre les autres.
Les blogs sont de plus en plus sous contrôle et les réseaux sociaux ne sont pas épargnés puisque l'UMP vient de faire fermer des comptes Twitter, l'humour n'ayant plus droit de cité en cette période électorale si incertaine pour le capitaine du paquebot France à la dérive.
Ma génération et celle qui suit ne sont pas formatées pour affronter des dictatures. Vu qu'elle s'installe progressivement ou plus exactement vu que le atteintes à la liberté d'expression ont des origines diverses, faut-il anticiper la confiscation de la parole et choisir de se taire ou faut-il utiliser ce qu'il reste comme possibilités de s'exprimer pour le faire tant qu'on ne nous en empêche pas ?
Je ne sais pas mais il me semble que peu de gens acceptent d'être dépossédés de la liberté d'expression et que personne ne souhaite vraiment faire l'expérience d'une dictature dans les pays démocratiques.
Nous sommes à un tournant, mais il va falloir trouver rapidement des parades pour ne pas laisser s'éteindre définitivement les Lumières qui jusqu'à présent ont éveillé nos esprits.
13:38 Publié dans Autres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : liberté d'expression, censure, lumières. politique, censure ump
15.02.2012
L'âge d'or des blogs est derrière nous

J'ai laissé en jachère mes principaux blogs pour ne garder que ceux sur la peinture et le théâtre et peut-être de temps en temps publier une note sur celui ci qui a l'avantage d'être sur un site belge peut-être un peu plus libre que les plate formes de blogs de certains journaux en France et même en Suisse sur lesquels j'ai connu quelques petits problèmes de censure. J'ai été affectée car ils concernaient des passages de mes livres ou certaines notes comme la précédente sur Léonard Cohen et non pas des sujets politiques. Ces restrictions sur mon ressenti m'ont fait mal et m'ont fait prendre conscience que l'âge d'or des blogs et de la liberté d'expression sont désormais derrière nous.
Tous ces déboires m'aident à me recentrer sur l'art : l'écriture, la peinture le théâtre . Oubliées les élections en France. Malgré mes réticences, je voterai pour donner au pays une chance de sortir de cette politique que martyrise les plus pauvres. Je voterai mais qu'on ne m'en demande pas plus !
Internet est une ouverture sur le monde mais le danger est de se laisser happer par le social et de s'y perdre.
Vu que l'actualité y est omniprésente, il est difficile de résister à l'envie de donner son avis, de faire entendre un coup de gueule. Vouloir n'assurer une présence que par son art est même assez mal vu. D'aucuns estiment que c'est narcissique mais s'éloigner de son but ou mélanger les genres est un combat perdu d'avance. L'art ne se remarque même plus.
Si un artiste ne peut plus espérer utiliser de son blog pour faire connaitre son œuvre, l'une des raisons d'être des blog disparaît. La plupart des plateformes de blogs interdisent la publicité. Il y a deux ans sur un site du nouvel obs, un de mes blogs avait été supprimé par la modération parce que je faisais la publicité pour un de mes livres. Peut-être y avais-je été un peu fort parce que m'étant endettée pour l'imprimer, j'avais le rêve un peu fou de rentrer dans mes frais. Mais rien de ceci ne serait arrivé si l'objet du litige n'avait pas été signalé au modérateur par un internaute qui me voue une animosité tenace. A force de sortir des sujets artistiques je me suis fait un ou deux ennemis qui ne m'auraient même pas remarquée si je n'avais parlé que d'art.
Pourtant, vouloir faire connaitre ce que l'on fait n'a pas grand chose à voir avec la publicité. Si j je rédigeais une note pour dont le seul but serait de faire connaître une entreprise de plomberie, je profiterais d'un espace gratuit pour essayer de trouver des clients.
Lorsque je publie un passage d'un livre, il est vrai que j'aimerais bien susciter chez les lecteurs de mon blog l'envie d'en savoir plus et donc d'acquérir ce livre Ceci s'appelle l'espoir mais dans les faits, ça n' arrive que très rarement. Je continue cependant à publier des extraits de mes livres et je sais que certaines personnes lisent régulièrement mes divers blogs.
C'est une façon comme une autre de faire connaitre mes écrits.
Pas vraiment lucratif mais c'est ainsi ! Il m'est arrivé de trouver certaines de mes notes entièrement ou partiellement reproduites sur d'autres blogs sans lien direct avec les plateformes où mes écrits se trouvent. Lorsque les gens qui reprennent mes textes citent mon nom, je peux déja m'estimer heureuse. C'est d'ailleurs parce que mon nom est cité que je suis au courant que ma note a été reprise.
Avec du recul et ayant acquis une fois pour toutes que je ne serais jamais riche et même que je serais probablement toujours très pauvre pour ne pas dire dans la misère, si ce que j'écris apporte quelque chose aux gens qui me lisent, c'est déja une bonne chose.
Je pensais qu'Internet était atout professionnel. Je ne sais plus ce qu'il en est. Sur un blog où j'avais commencé à parler des élections en France sous pseudo et sur un ton décalé et satirique, la rédaction du site qui appréciait cette approche voulait me faire venir pour commenter un débat en live mais n'envisageait à aucun moment une quelconque indemnisation.
Pourtant ce journal gratuit, (il est vrai) appartient à un groupe de presse non dénué de moyens. Gratuit ou pas, ce sont toujours les mêmes qui passent à la caisse. L'avantage pourtant de ne pas être rémunérée est qu'il est plus facile de claquer la porte lorsque l'on sent que l'on risque d'être instrumentalisé, ce qui a failli être le cas. Parfois, la misère est le prix de la liberté.
J'ai commencé un livre sur la série d'incidents qui ont secoué mon immeuble ces derniers mois. Le calme étant presque revenu, je pense avoir le recul nécessaire. Il me faut retrouver la véritable essence d'un livre et à partir de points de repère consignés au fil des évènements laisser l'écriture inventer autre chose qu'un simple récit . "Une aventurière de Dieu" et" Libérez Dieu "ont été construits en grande partie à partir de notes publiées sur mes blogs. Tout compte fait, ce procédé ne laisse pas suffisamment de place à l'imprévu, d'un livre qui s'écrit à travers soi racontant peut-être une toute autre histoire que celle qu'on projetait d'écrire. C'est peut-être à ce moment là que le livre véritablement atteint véritablement son but.
16:46 Publié dans Perso, Vivre l'écriture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : blogs, littérature, liberté d'expression, publicité, artistes
08.02.2012
Léonard Cohen, Etoile de l'An apocalyptique

Ayant récemment replongé dans l'œuvre de Léonard Cohen, je pensais avoir trouvé un fragment du paradis, rien que pour moi, la continuité oubliée d'une histoire entre lui ( ses chansons) et moi . Bien sûr, tout le monde connaissait Léonard. Beaucoup l'avaient aimé et l'évocation de son nom les emplissait de nostalgie, mais relégué dans un coin de leur mémoire, il ne faisait plus partie de leurs émotions artistiques.
Un simple échange avec une personne l'aimant autant que moi créait un lien immédiat.
"Old Ideas "résonne comme un coup de tonnerre dans un hiver endolori où l'intime cherche la lueur d'une flamme vacillante pour faire naître des bouquets d'étincelles et des aurores boréales.
Tout a sans doute été dit à propos de cet album et si l’assimilation qui a pu être faite avec le dandysme m’a heurtée et devant partager ma passion avec pas mal de monde, je dois humblement admettre que pour chacun, la magie opère différemment.
Mais n'est-ce pas la manifestation de l'étonnant pouvoir d'envoûtement de l'artiste que cette façon naturelle de nouer une relation intime avec chaque personne qui laisse entrer en lui l'essence spirituelle qui traverse ses hymnes ?
A peine avais je acheté le CD que passant devant un kiosque à journaux , je me suis trouvée nez à nez avec l'affiche de la couverture des Inrockuptibles et me suis arrêtée médusée devant la photo du Canadien. Il ne restait plus un seul exemplaire de la revue que j'ai fini par trouver après deux tentatives infructueuses.
Je dois me rendre à l'évidence : Léonard Cohen crée l'évènement L'article de Pierre Siankowski ne dément pas cette impression.. Il semble avoir vu Dieu en personne. Ce n'est peut-être pas tout à fait lui, mais Léonard semble vraiment dans ses bonnes grâces comme si dans le flot tumultueux des errances du Canadien , Dieu lui avait livré une bonne partie de ses secrets.
Il était attendu et je me réjouis pour lui. Léonard Cohen s'annonce comme l'une des étoiles de 2012 dont bien des Lumières semblent pourtant si près de s'éteindre.
Faut-il s'étonner de ce retour en cette année que l'on prévoit apocalyptique ? Vient -il comme en 1992, avec de sombres prophéties en guise d'avertissement ?
"Les choses vont partir dans toutes les directions
Il n'y aura plus rien
Plus rien que vous pourrez mesurer
Le blizzard du monde
a franchi le seuil
et il a renversé
l'ordre de l'âme
Quand ils disaient REPENTANCE
Je me demande ce qu'ils voulaient dire " The Future 1992
Pas la peine de trembler : La catastrophe a déjà eu lieu. Nous vivons désormais avec elle. Si Léonard devait être un guide, ce serait simplement ' "Un manuel pour vivre avec la défaite" comme il le dit dans sa chanson "Going Home".
Si le frisson ne vient pas de la peur d'un péril imminent, il me parcourt à l'écoute de certaines de ses chansons en lesquelles sa voix caverneuse parfois accidentée se perd dans un souffle porté par la musique et par le chœur des anges, ces voix de femmes qui m'emmènent, comme autrefois Suzanne, sur un rivage désormais plus abrupt.
Ces mots chuchotés qui implorent qui prient anticipent la mélodie qui les sacralise et sa voix profonde font surgir de la nuit une cathédrale tremblée, emportée par de grandes orgues mélancoliques.
"Old Idéas "est-il le plus spirituel de ces albums? Bien difficile à dire ! "Various Positions" sorti 1985 avec et son grandiose "Halleluya" mais aussi "Dance Me to The End Of Love" ou "If It Be Your Will "est l'un de ceux que je préfère .; Chez Cohen , trop de chansons me transcendent pour que je me résigne à choisir .
"Old Ideas" ne m'a pas encore révélé tous ses mystères et me promet une palette d'émotions que je préfère goûter à petite dose pour mieux les savourer.
Bouleversant d'authenticité, le poète se présente nu dans la lumière qui décline. Sa vulnérabilité le porte aux nues car si dans "Show Me The Place" il supplie : "Montre-moi, l'endroit où tu veux que ton esclave engage ses pas " , il chemine à l'endroit ou le Divin s'est fait Homme.
13:28 Publié dans Musique, Passions, Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : léonard cohen, old ideas, poète, musiqueue
06.02.2012
léonard Cohen, ce sublime jeune homme de 77 ans

Pour moi, Léonard Cohen était surgi du passé l'été dernier, je ne sais plus trop pourquoi ni comment par le hasard d'un album trouvé à la bibliothèque et grâce à un prestigieux prix littéraire pour sa poésie en Espagne. J'avais adoré ces retrouvailles. Je suis étonnée d'avoir pu l'oublier aussi longtemps. Je l'avais lâché à à partir de l'album "New Skin for the Old Ceremony "parce qu'ayant entendu à la radio sa chanson "lovers", il m'avait semblé qu'il devenait plus commercial alors que cet album ne démérite absolument pas par rapport à ceux que j'aimais. Si j'avais voulu oublier Léonard c'est parce de qu'il me rappelait trop Etienne un ancien amour qui jouait ses chansons à la guitare me transformant en choriste pour la circonstance .
Mais si je m'étais détachée c'était sans doute parce que trop de gens aimaient Cohen et que mes amis de l'époque plus initiés que moi m'avaient fait découvrir d'autres artistes.
Depuis que j'ai retrouvé Léonard, je dois à ses chansons mes seuls moments de bonheur dans l'ambiance chaotique de ma vie de ces derniers mois.
Il y a encore un an, j'avais été amusée de voir passer sur Facebook un homme avec lequel autrefois j'avais vécu trois ans et en m'apercevant qu'il avait gardé les mêmes goûts musicaux. J'avais l'impression que Jacques était resté désespérément accroché à sa période baba et j'en riais gentiment.
Aujourd'hui je ne me sens pas "has been" en évoquant Léonard Cohen tout simplement parce qu'il n'est jamais parti et que sa création est toujours vivante . En" ex fan des sixties", mon ancien compagnon vénère des artistes morts depuis longtemps. Janis Joplin qui me touchait tant autrefois me remue toujours autant mais sa voix me donne envie de pleurer et je préfère des émotions musicales moins douloureuses.
Léonard Cohen est là. J'ai pu écouter tous ses albums et découvrir des pépites Même après sa très longue retraite dans un monastère bouddhiste, il était toujours présent mais son vrai grand retour était pour 2012 avec ce nouvel album "Old Ideas" sorti le jour de ma fête le 30 janvier. Je ne pouvais qu'y voir le signe que je devais courir l'acheter ce que j'ai fait.
Ses deux albums précédents "Ten New Songs " et "Dear Heather" m'avaient un peu laissée sur ma faim. Détachement bouddhiste poids des années ? Je n'y retrouvais pas les méandres des amours tourmentés ni l'alchimie des passions qui ouvrent le ciel, et encore moins les prophéties apocalyptiques de" The Future".
Ce que je crains dans la vieillesse, ce ne sont ni les rides, ni les os qui rappellent leur âge mais l'ankylose des sentiments, la baisse d'intérêt pour les choses de ce monde, la capitulation du désir, l'émoussement des passions, ascèse qui peut être vécue dans la sérénité si le renoncement est assumé mais qui peut se révéler cruelle pour toute personne dont les attentes amoureuses se heurtent à cette absence.
Le détachement cohenien n'est jamais vécu dans la joie totale. Dans ces deux albums précédents planait une vague impression de tristesse proche d'une résignation qui ne lui ressemble pas tant que ça. Mais les eaux dormantes attendaient des tourbillons que malgré le recul, la vieillesse ne suffit pas toujours à apaiser.
Et revoici Léonard qui à 77 ans reprend sa guitare pour un nouvel album "old ideas"s défiant les années. Unanimement salué par la critique, le meilleur parait-il depuis " I 'm Your Man "( 1988 ) Old Ideas ce ne sera probablement pas le dernier. Avec une voix de plus en plus vibrante , des musiques envoûtantes et des textes toujours aussi inspirés , il ne sera bientôt plus du tout possible de l'oublier.
Il n'a pas fini de surprendre lui qui dans une interview dit qu'il est encore jeune ce qui n'étonne pas vraiment puisqu'il a encore plein des projets;
A des années lumière d'un vieillard vaniteux de 94 ans dont on nous rabâche les oreilles alors qu'il n'a vraiment pas grand chose à dire, il fait du bien au cœur et à l'âme, ce talentueux jeune homme de 77 ans, pétillant d'humour de grâce et de gentillesse dont on espère qu'il nous fera rêver encore longtemps
Il n'a pas besoin de faire la danse du ventre devant les medias pour faire parler de lui. Il est attendu. Il suffit qu'on sache qu'il est là et on accourt.
Il est simplement" lui-même" indépendamment de ce costume de dandy dont certains voudraient habiller son âme. Il est "lui-même" en toute humilité mais magnifiquement "lui-même "quand il révèle pour nous les ombres les lumières qui le traversent , qui nous atteignent et nous parlent aussi un peu de nous.
( à suivre)
17:49 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : léon
01.02.2012
Des crêpes et des échanges amers

C'était le seul rayon de soleil dans cet immeuble où la folie destructrice d'un locataire et de quelques complices a abouti à un arrêté de mise en péril de deux appartements.
Si le reste de la maison tient encore, c'est parce que ma petite famille n'a jamais baissé les bras et déjoué les principaux dangers;. Heureusement, ll y avait cette éclaircie avec ces jeunes locataires arrivés en plein conflit pris en otage par ce voisin manipulateur qui vouait les monter contre nous et contre le propriétaire mais qui ont très vite perçu tous ces mensonges.
Au dessus de chez nous, il y a un jeune apprenti que le propriétaire tient en haute estime .Étant les "vieu" x de l'immeublen nous avons comme toujours ,accepté de rendre service ou de conseiller les jeunes voisins dont c'est souvent le premier logement et les premiers pas dans la vie. Ces jeunes locataires nous aidaient à résister aux provocations et aux attitudes machiavéliques du voisin qui voulait bousiller l'immeuble.
Au tout début de l'année quand la tension était à son comble parce que les destructeurs voulaient jouer leur va-tout avant la visite des experts, Ce gentil voisin portait des meubles avec une jolie jeune fille blonde et m'a dit avec un sourire radieux "qu'ils continuait à emménager. J'ai pensé qu'ils allaient habiter ensemble, et tente de construire un petit nid d'amour malgré une ambiance détestable dans l'immeuble et je me suis dit que c'était la vie qui reprenait le dessus.
Entre temps il ya eu cet arrêté de péril. L'appartement du locataire indélicat dont l'expulsion devrait être prononcée au printemps est formellement interdit à l'habitation mais rien ne bouge. Le fauteur de trouble est toujours là personne ne se précipitant pour le reloger. Si rien n n'est fait il devrait donc rester dans un logement interdit à l'habitation ( jusqu'à la réalisation des travaux) au moins pendant toute la trêve hivernale. Il ya désormais un malaise dans cette maison et toujours un sentiment d'inquiétude de ne pas savoir réellement ce qui se passe.
Est-ceci qui parvient à chambouler les locataires les plus équilibrés ? Samedi le soir mon sympathique voisin du dessus est venu nous demander si nous n'avions pas une passoire parce qu'ils avaient voulu fait des crêpes mais que la pâte faisait des grumeaux. Nous n'avions pas de passoire comme il voulait mais nous lui avons proposé de lui prêté un batteur électrique. Il semblait content. Georges lui a dit qu'il pouvait le rendre dimanche soir car il n'en avait pas besoin avant.
A ce jour, il ne nous a toujours pas rapporté batteur sans nous donner d'explication.
Dans un autre contexte de voisinage, je serais peut-être allée lui redemander mais craignant le voisin indélicat qui cherche le moindre prétexte pour tenter une altercation nous en resterons là nous disant qu'un jour peut-être il le rendra ou nous dira ce qui s'est passé avec ce batteur. Et l'on peut tout aussi bien cuisiner sans.
Il est bien évident que ce n'est plus la peine qu'il vienne nous demander autre chose. Plus que l'attachement à cet ustensile de cuisine, c'est la prise de conscience que décidément plus rien n'est fiable qui nous affecte. Les relations humaines sont de plus en plus précaires et je m'aperçois que les codes sociaux ont éclaté.
Qu'est-ce qui peut se passer dans la tête d'un jeune d'a peine plus de 20 ans pourtant souriant et poli pour considérer qu'il n'a pas besoin de rendre ce qui lui a été si gentiment prêté. Je sais qu'il n'a pas beaucoup d'argent mais ne s'est-cil pas rendu compte en entrant chez nous que nous étions sans doute aussi pauvres que lui ?
C'est peut-être parce que rien n'est normal dans cet immeuble qu’on ne sait plus à quoi se raccrocher.
Quand socialement tout devient chaotique les échanges entre les gens deviennent incohérents.
17:45 Publié dans Perso | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.01.2012
Le désir de Vous

« Catharsis : Vous me faîte mal, Vérité. Pourquoi gardez-vous ce masque de Zorro ? C’est puéril. Il n’a y a aucun bandit ou alors le bandit est en chacun de nous avec le diable et aucun Zorro n’en viendra à bout. Je vous ai reconnu. Je vous croyais plus âgé : plus de soixante ans, peut-être bien plus encore sans doute à cause de cette sagesse qui enveloppe chacun de vos mots même lorsqu’ils sont durs. Je vous ai aimé sans visage mais je vous aime encore plus à présent que je vous vois. Pour ne pas être déçue, j’ai imaginé tout ce que vous auriez de bonnes raisons de vouloir cacher derrière la virtualité : le nombre d’années, la calvitie, les kilos, les cicatrices, la maladie, le handicap. Je me sentais emplie d’un amour inconditionnel. Peu m’importait de savoir à quoi vous pouviez ressembler : votre beauté spirituelle vous transfigurait d’avance. J’ai senti le désir de vous comme une fièvre obsédante qui me dévore qui me parcourt, perçu les frémissements de ma vulve prête à vous recevoir et vous aimer jusqu’au bout de mes doigts impatients de caresser chaque centimètre de votre corps qui ne peut être que sublime. Je voulais vous aimer dans votre vérité et je vous trouve presque trop beau. Vous êtes humainement beau quand celui que j’attendais était tout simplement magnifique. La véritable beauté est celle que l’amour invente et qui n’appartient qu’aux amants. »
extrait de ma pièce "La Toile"
14:20 Publié dans La Toile/ Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : théâtre, amour, désir
24.01.2012
Le déni

Depuis le mois de juin je vis au rythme de la succession d'évènements plus ou moins graves perturbent mon immeuble avec en point d'orgue un mur sur un pallier menaçant de s'écrouler sur les gens et pour quotidien des provocations; le droit de se faire traiter de facho alors que j'ai toujours voté à gauche. Il nous a fallu contourner plusieurs mises en danger suite à des actes de vandalisme et malveillances.
Depuis plus de six mois, suis sur le qui-vive, je fais des cauchemars mais j'espérais qu'au moins la justice trancherait. Je viens d'apprendre que la plainte pour mise en danger d'autrui restera lettre morte. Non-lieu, retrait, arrangement à l'amiable? Je ne saurais jamais. On ne nous dit pas tout, à nous pauvres locataires miséreux § Nous sommes la dernière roue de la charrette !
Bref c'est comme si tout ceci n 'avait jamais existé. C'est comme si notre parole n'avait pas à être entendue, que le cauchemar que nous fait vivre depuis des mois ce voisin était dans l'ordre naturel des choses. Au mieux, il sera expulsé en temps voulu et partira quand un bailleur social lui trouvera un logement; Alors c'est ça une expulsion ? Mais pourquoi il y a -t-il autant de SDF si avant de vous expulser, on attend qu'on vous propose un relogement. ? Je n'ai pas eu cette chance quand avec ma famille ( mon fils avait cinq ans) nous avons reçu un commandement à quitter les lieux ! Si désormais les lois protégent mieux les personnes expulsées on ne peut que s'en réjouir mais quand je pense à tous ces malheureux qui dorment dehors, je me dis que face à la pénurie de logements il y aurait des personnes à reloger bien avant lui !
Si le propriétaire n'est pas plus affecté que ça , c'est que les choses ne tournent pas si mal que ça pour lui. On est bien content pour lui. Mais nous, qui avons été traînés dans la boue, qui avons à plusieurs reprises et qui évité le pire, notamment en l'avertissant à temps du risque d'effondrement du mur pouvons nous espérer une réparation pour le dommage moral que nous subissons depuis des mois ?
Si le mur n'avait pas été consolidé à temps grâce à notre vigilance et surtout grâce aux maçons appelés par le propriétaire, il y aurait eu des morts ou des blessés graves une semaine plus tard lorsque des étudiants se sont appuyés ce mur pour faire passer une machine à laver sur ce pallier avant de tourner pour descendre l’escalier.
Si au lieu des parpaings mis par les maçons, il y avait toujours eu le pan de mur défoncé, il y avait un réel risque d'effondrement car la colonne de soutien de ce mur était entamée. S'il y avait eu des morts, la plainte pour mise en danger aurait suivi son cours et là, on aurait trouvé des responsables.
Qu'est ce qu'on gagne pour avoir fait preuve de civisme en signalant un danger et donc permettant son évitement nous attirant l'hostilité les provocations dénigrements et agressions verbales de ce voisin ? Tout ça pour voir notre témoignage nié et nous épreuves ignorées.
Nous aussi on aurait pu être je-m'en-foutistes et ne rien dire. Et vogue la galère
Allez tout ça n'a jamais existé, n'en parlons plus ! Personne ne se souciera de ce que nous avons subi. Notre vie quotidienne a été bousillée depuis des mois ; il faut nous reconstruire quand même, mais avec ce type en face de chez nous, ça va être difficile puisqu'il va pouvoir nous narguer de plus belle !
Mais puisqu'on doit lui donner un bel appartement pour le comportement exemplaire dont il a fait preuve mois en se débrouillant pour avoir un logement insalubre sans qu'on comprenne très bien pourquoi- ça vous tombe dessus comme ça l'insalubrité : c'est la faute à personne si ya que chez vous que c’est comme ça la fatalité sans doute- alors oui puisqu'il mérite autant d'égards, au moins qu'on le reloge dans les plus brefs délais pour qu'on puisse tenter d'oublier tout ça.
Qu'on lui donne un château si on veut pour son civisme à tout crin mais au moins qu’il parte vite ! En ce qui nous concerne ça fait 20 ans que nous qui sommes mal logés à trois dan un appartement avec des mezzanine sans possibilité de nous isoler, mais nous ne risquons pas de nous voir proposer un logement plus adapté à nos besoins On sait pas y faire, sans doute
Si je devais me réincarner un jour dans un monde aussi tordu que celui-ci, je ne choisirais peut-être pas d'être réglo. Mais à mon âge il est trop tard. Faut bien qu'il y ait de gens pétris de bonnes intentions pour encaisser les coups à la place des autres !
Reste que je pourrais toujours écrire un livre racontant en détail de ce que nous avons vécu. Je changerais les noms et les lieux, mais je me dis que c'est un devoir pour moi de témoigner et peut-être enfin me libérer de cauchemar.
14:01 Publié dans Perso | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : logement, justice, insalubrité















