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20.03.2012

On a la couronne qu'on mérite

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« J’avais le moral dans les chaussettes ces  derniers temps, mais je sais pourquoi. C’est pas à cause de l’autre qui pavoise depuis qu'il est élu. C’est vrai qu’il y a de quoi être patraque,  mais même en somatisant un max, c’est quand même pas ça qui m’a collé un abcès ! Ma dentiste a dû me filer un remède de cheval et il paraît  que ces antibios  risquent de déclencher des trucs bizarres, style problèmes  neurologiques et  pustules sur tout le corps, enfin rien de très ragoûtant.  Rien que de lire la notice du médicament,  ça me rend malade ! Chaque fois que je peux,   je préfère les tisanes et les remèdes naturels. Le thym me résout pas mal de choses mais un abcès dentaire ça rigole pas ! Bon, pour l’instant à part un petit coup de spleen, y a toujours pas de pustules sur le corps et c’est en bonne voie. Tant mieux, car si l’abcès passe pas, ma dentiste va m’enlever la jolie couronne qu’elle m’a posée,  il y a même pas six mois. En plus elle l’a tellement bien collée que même en tapant dessus comme une dingue, la couronne résiste. Elle risque d’être  obligée de la scier.

 

 

 

Ça promet !  Faut dire que lorsqu’on est pauvre et qu’on a une couronne, on s’y accroche. On tient à la garder.  Bon c’est sûr que c’est quand même pas  une couronne en or. C’est  juste un alliage qui décourage pas vraiment les bactéries  qui veulent s’y abriter.  On a la couronne qu’on mérite. Même si je  baragouine quelques mots en anglais  comme " Blowin’ in the wind"   j' suis quand même pas la reine d’Angleterre. Faut pas rêver  ni compter sur la sécu, pour nous payer des dents en or. J' sais même pas si ça se fait encore. Faut dire que c’était risqué quand l’or était trop voyant dans le style  sourire kitsch qui se voyait de loin. N’importe qui pouvait vous agresser pour vous arracher vos dents en or. C’est certainement à cause des délinquants que la Sécu préfère rembourser des couronnes que personne vous envie ! Et puis avec Sarko,  y a même plus de délinquants : une société  de rêve, quoi !

 

 

 

Faut quand même se coltiner les réflexions. Quand c’est pas le dentiste qui fait la gueule, y a toujours quelqu’un qui vous fait remarquer que vous êtes redevable de quelque chose. La  secrétaire médicale  a tenu à me donner le décompte de ces fameux  appareils dentaires avec un air moralisateur   qui n’augurait pas un avenir social bien solidaire. Elle a pris à témoin  la  dentiste    gênée. "  C'est pas parce qu’ils    ont la CMU qu’ils doivent pas savoir combien on paie  pour eux ! " Qui ça "  ils  ? "Les gueux bien sûr.  Faut les responsabiliser pour qu’ils abusent pas,  des  fois qu’il leur prendrait l’envie d’aller souvent chez le dentiste : Se faire charcuter, y en a qui aiment ! C’est sûr qu’on s’habitue à la roulette. Y en a même qui se shootent  à l’anesthésiant qui vous laisse la moitié de la gueule  engourdie. Il en faut pour tous les goûts. Faut dire que pour les pauvres, aller chez le dentiste, c’est un peu la sortie du dimanche : on se brosse les dents,  ce jour-là. Une fois à la Saint-glinglin c’est toujours ça de pris! »

 

 Extrait du livre  : "Du vent et des larmes " de Tramontane

 

Pour commander le livre : cliquer sur cette vignette  :

 

Le livre Du vent et des larmes

16.03.2012

Du vent et des larmes

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J'ai plus assez de larmes pour pleurer. Depuis dimanche, une chape de plomb s'est abattue sur le pays. C'est pas vraiment une surprise mais ça fait tout de même mal.
J'ouvre ce blog. C'est un devoir de le faire parce que les gens vraiment dans la misère s'expriment pas sur Internet. Où sont leurs témoignages ? Pendant la campagne présidentielle, tout le monde a parlé à notre place comme si on formait un groupe homogène, une catégorie sociale à montrer du doigt. C'est nous, les damnés de la politique. C'est pas parce que des gens sont cassés qu'ils ont pas une histoire personnelle. Je raconterai quelques petits bouts de la mienne ou peut-être que j'en dirai pas grand chose laissant plutôt parler mon ressenti face à la politique qui se met en place. J' sais pas encore."

Tramontane est plus qu'un pseudo ; C'est un personnage fictif qui permet à Martina Charbonnel de mettre à distance son quotidien précaire et d'exprimer dans un style décalé ou satirique, ses angoisses devant les premières mesures annoncées au lendemain de l'élection présidentielle de 2007, Sa plume caustique n'épargne pas pour autant la gauche alors en pleine débâcle.
"Du vent et de larmes" reprend les notes de ce blog Le regard sur l'exclusion porté par ce livre se situe à des années lumière des discours politiques sur le sujet. Au printemps 2012, il est plus que jamais d'actualité.

 

Voir  : Du vent et des larmes par Tramontane

29.02.2012

Moi, personnellement, je....

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Un quadragénaire aux cheveux grisonnants arrive.

 

 LE PSY: Bonjour, je viens pour l'annonce.

 

 LE CADRE : Bonjour, je vois que vous êtes aussi ponctuel que moi.

 

 LE PSY:  C'est la déformation professionnelle.

 

LE  CADRE :  C'est bien ce que je me disais. Vous êtes aussi cadre ?

 

LE PSY: Pas exactement ! Je suis psychanalyste.

 

LE CADRE : Ah bon ? Je n'ai pas  trop de sympathie pour votre profession. Je suis même plutôt méfiant. Chat échaudé craint l'eau froide !

 

LE PSY: Je suis habitué à ce genre de réaction. C'est votre droit le plus strict.

 

LE PROF(à son ami) : As-tu toujours envie d'attendre ici ?

 

L'ARTISTE : Oui, ça devient marrant.

 

LE PSY: Y a-t-il quelqu'un à l'intérieur ? Est-ce que les visites ont commencé ?

LE MILITANT :  Depuis longtemps. Il y a une femme qui visite en ce moment.

 

 LE PSY: Une femme ?

 

LE MILITANT : Oui, c'est pour son fils.

 

 LE PSY : Ah, une mère ! (Il sourit.) Je vois. La maman doit avoir des arguments.

 

LE TIMIDE(au professeur) : Croyez-vous qu'il reviendra ?

 

LE PROF  : Qui ?

 

LE TIMIDE  : Le policier.

 

LE MILITANT : Le flic ? Bien sûr qu'il va revenir. Il  va pas lâcher le morceau. Et  alors, il ne faut pas t'écraser. T' as autant de chances que lui.

 

LE TIMIDE : J'en suis pas sûr.

 

 LE PSY:Tout  dépend du sentiment qu'on a de sa valeur et de l'image qu'on a de soi.

 

LE CADRE : Et peut-être aussi de ses  revenus. Moi, personnellement, je n'ai pas à me plaindre de ce côté là. Et  j'ai une image très positive de moi.

 

LE MILITANT : C'est pas la peine de le dire. On s'en était aperçu. Depuis que vous êtes arrivé, on n'entend que  "moi, personnellement, je"  Ça fait beaucoup pour une seule personne. Vous ne trouvez pas ?

 

 LE CADRE : Et bien quoi, il n'y a pas de mal à se valoriser.

 

 LE PSY: C'est même tout à fait conseillé, mais ce n'est pas une raison pour vouloir faire de son assurance,  une question de supériorité. Sinon c'est que cette confiance en soi est bien fragile.

 

La porte s'entrouvre,

extrait de ma pièce  Fais le Beau !

22.02.2012

Liberté chérie

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On ne sait plus trop ce qu'est la liberté lorsque l'on on l'a toujours connue. Elle   donne l'impression de  toujours  couler de source  comme si  en disposer  était aussi simple que d'ouvrir un robinet pour avoir l'eau à portée de main. 

Pourtant la liberté n'est  pas également répartie dans le monde et l'eau encore moins mais peut-être faut-il  ressentir  le manque de l'une ou de l'autre pour sentir à quel point les deux sont  précieuses.

Si l'eau est indispensable à la vie, la liberté l'est à peine moins car si l'on peut être   amené  à vivre privé de liberté, elle continue d'exister en rêve

Mais la liberté ne serait-elle pas toujours un rêve,  un espoir  une projection dans l'avenir, un souvenir , une abstraction ou    une illusion ?

C'est le  ressenti  de   sa privation ou la crainte  de la perdre qui donne à la liberté la valeur que nous lui attribuons.

Les personnes qui ont vécu dans des sociétés totalitaires savent à quel point la liberté est précaire. Ayant  grandi en Autriche pendant la période nazie, ma  mère a   gardé certains réflexes comme ne pas parler trop fort pour que les voisins n'entendent pas ce que l'on dit comme s'il y devait toujours y avoir quelque chose à cacher et comme  si derrière chaque porte un voisin écoutait pour  voir ce qu'il pourrait bien dénoncer 

Ces précautions inutiles  m'ont longtemps amusée et parfois  agacée.

 

Aujourd'hui  pourtant, je sens venir quelque chose comme ça. Internet  a connu l'âge d'or de la liberté d'expression. Bien des gens en ont fait un piètre usage  mais il était possible de renforcer les régles éthiques sans qu'il soit nécessaire  jeter le bébé avec l'eau du bain. Ce  bébé appelé "liberté" n'en était peut-être qu'à une  crise de croissance.

Il  marchait à peine et balbutiait avec jubilation ses premiers mots que  déjà le voila interdit de parole.

 

Lorsque le monde va mal  la liberté d'expression régresse. Tout est prétexte  à  asservir les peuples :  les religions, les manipulations  de l'information ,les tentatives  de dresser les gens les un contre les autres.

Les blogs sont de plus en plus sous contrôle et les réseaux sociaux ne sont pas épargnés puisque l'UMP vient de faire fermer des comptes Twitter, l'humour  n'ayant plus droit de cité  en cette période électorale si incertaine pour le capitaine du paquebot France à la dérive.

 

 Ma génération et celle qui suit ne sont pas formatées pour  affronter  des dictatures. Vu qu'elle s'installe progressivement ou plus exactement vu que le atteintes à la liberté d'expression  ont des origines diverses,  faut-il anticiper  la  confiscation de la parole et choisir  de se taire ou faut-il  utiliser  ce qu'il reste  comme  possibilités de s'exprimer pour le faire tant  qu'on ne nous en empêche pas ?

Je ne sais pas mais il me semble que peu de gens acceptent d'être dépossédés de la liberté d'expression  et que personne ne souhaite vraiment faire l'expérience d'une dictature dans les pays  démocratiques.

 Nous sommes à un tournant,  mais il va falloir trouver rapidement des parades pour ne pas laisser s'éteindre définitivement les Lumières qui jusqu'à présent  ont  éveillé nos esprits.

15.02.2012

L'âge d'or des blogs est derrière nous

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J'ai laissé en jachère mes principaux blogs pour ne garder que ceux sur la peinture et le théâtre et peut-être de temps en temps publier une note  sur celui ci qui a l'avantage d'être sur un site belge peut-être un peu plus libre que les plate formes de blogs  de certains journaux  en France et même en Suisse sur lesquels  j'ai connu quelques petits problèmes de censure. J'ai été affectée  car ils  concernaient des passages de  mes livres ou certaines notes comme la précédente sur Léonard Cohen et non pas des sujets politiques. Ces restrictions sur mon ressenti m'ont fait mal et m'ont fait prendre conscience que l'âge d'or des blogs et de la liberté d'expression sont désormais derrière nous.

Tous ces  déboires m'aident à me recentrer sur l'art : l'écriture, la peinture  le théâtre . Oubliées les élections en France. Malgré  mes réticences, je voterai pour donner au pays une chance de sortir de cette politique que martyrise les plus pauvres. Je voterai  mais qu'on ne m'en demande pas plus !

Internet est une ouverture sur le monde mais le danger est de se laisser happer par le social et de s'y perdre.

Vu que l'actualité y est omniprésente, il est  difficile de résister à l'envie de donner son avis, de   faire entendre un coup de gueule. Vouloir n'assurer une présence que par son art   est même assez mal vu. D'aucuns estiment    que c'est narcissique mais s'éloigner de son but ou mélanger les genres est un combat perdu d'avance.  L'art ne se remarque même plus.

Si un artiste ne peut plus  espérer utiliser de son blog pour faire connaitre son œuvre, l'une  des raisons d'être des blog disparaît. La  plupart des plateformes de blogs interdisent la publicité. Il y a deux ans sur un site du nouvel obs, un de mes blogs avait été supprimé par la modération parce que je faisais la publicité pour un de   mes livres. Peut-être y avais-je été un peu fort parce que m'étant  endettée pour l'imprimer, j'avais le rêve un peu fou de  rentrer  dans mes frais. Mais rien de ceci ne serait arrivé  si l'objet du litige  n'avait pas été signalé au modérateur par un internaute qui me voue une animosité tenace. A  force  de sortir des sujets artistiques je me suis fait  un ou deux ennemis qui ne m'auraient même pas remarquée si je n'avais parlé que d'art.

Pourtant, vouloir faire connaitre ce que l'on fait   n'a pas grand chose à voir avec la publicité. Si j je rédigeais une note pour   dont le seul but serait de faire connaître une entreprise de plomberie, je profiterais d'un espace gratuit  pour essayer de trouver des clients.

Lorsque je publie un passage d'un livre,  il est vrai que j'aimerais bien  susciter chez les lecteurs de mon blog l'envie d'en savoir plus et donc d'acquérir ce livre  Ceci  s'appelle l'espoir mais  dans  les faits, ça n'  arrive  que très rarement. Je continue cependant à publier des extraits de mes livres  et je sais que certaines personnes lisent régulièrement mes  divers blogs.

C'est une façon comme une autre de faire connaitre mes écrits.

Pas vraiment lucratif mais c'est ainsi  !  Il m'est arrivé de trouver certaines de mes notes entièrement  ou partiellement reproduites sur d'autres blogs  sans lien direct avec les plateformes où mes écrits se trouvent.  Lorsque les gens qui reprennent mes textes citent mon nom, je peux déja m'estimer heureuse. C'est d'ailleurs parce que mon nom est cité que je suis au courant que ma note a été reprise.

 

Avec du recul et ayant acquis une fois pour toutes que je ne serais jamais riche et même  que je serais probablement toujours  très pauvre pour ne pas dire dans la misère,  si  ce que j'écris apporte quelque chose aux gens qui me lisent, c'est déja une bonne chose. 

 Je pensais qu'Internet  était   atout professionnel.  Je ne sais plus ce qu'il en est. Sur un blog où j'avais commencé à parler des élections en France sous pseudo et sur un ton décalé et satirique, la rédaction  du site qui appréciait cette approche   voulait me faire  venir pour commenter un débat en live mais n'envisageait à aucun moment une quelconque indemnisation.

Pourtant ce journal gratuit,  (il est vrai)  appartient à un groupe de presse non dénué de moyens. Gratuit ou pas, ce sont toujours les mêmes  qui passent à la caisse. L'avantage pourtant de ne pas être  rémunérée est qu'il est plus facile de claquer la porte lorsque l'on sent que l'on risque d'être instrumentalisé, ce qui a failli être le cas. Parfois, la misère  est  le prix de la liberté.

 

 J'ai  commencé un livre sur la série  d'incidents qui ont secoué mon immeuble ces derniers mois. Le calme étant presque revenu, je pense avoir le  recul nécessaire.  Il me faut retrouver  la véritable essence d'un livre   et  à   partir de points de repère consignés  au fil des évènements laisser l'écriture inventer autre chose qu'un simple récit .  "Une aventurière de Dieu" et" Libérez Dieu "ont été construits en grande partie à partir de notes publiées sur mes blogs. Tout compte fait, ce procédé ne laisse pas suffisamment de place à l'imprévu, d'un  livre  qui s'écrit à travers soi racontant peut-être une toute autre histoire que celle qu'on projetait d'écrire. C'est peut-être à ce moment là que le livre véritablement  atteint véritablement  son but.

 

 

08.02.2012

Léonard Cohen, Etoile de l'An apocalyptique

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Ayant récemment  replongé dans l'œuvre de Léonard Cohen, je pensais  avoir trouvé  un fragment  du  paradis,  rien  que pour moi,  la continuité oubliée d'une histoire entre lui  ( ses chansons)  et moi . Bien sûr,   tout  le monde connaissait  Léonard.  Beaucoup l'avaient aimé et l'évocation de son nom les emplissait de nostalgie,  mais  relégué dans un coin de leur mémoire, il ne faisait plus partie  de leurs émotions  artistiques.

Un simple échange avec une personne l'aimant autant que moi créait un lien immédiat.

"Old Ideas "résonne comme un coup de tonnerre dans  un hiver endolori où l'intime cherche la lueur d'une flamme vacillante pour faire naître  des bouquets d'étincelles et des aurores boréales.

Tout a  sans doute été dit à propos de cet album  et si l’assimilation qui a pu être  faite avec le dandysme m’a heurtée  et  devant partager ma passion avec  pas mal de monde, je dois humblement admettre  que pour chacun, la magie opère différemment.

 Mais n'est-ce pas la manifestation de l'étonnant pouvoir d'envoûtement de l'artiste que cette façon naturelle de nouer une relation intime avec chaque personne qui laisse entrer en lui  l'essence spirituelle  qui traverse ses hymnes ?

A peine avais je acheté le CD que  passant devant un kiosque à journaux ,  je  me suis trouvée nez à nez  avec   l'affiche de la couverture des  Inrockuptibles  et  me suis arrêtée médusée devant  la photo  du Canadien. Il ne restait plus un seul exemplaire  de la  revue  que j'ai  fini par trouver après deux tentatives infructueuses.

Je dois me rendre à l'évidence : Léonard Cohen crée l'évènement  L'article  de  Pierre Siankowski ne  dément  pas  cette impression..  Il semble avoir vu Dieu en personne. Ce n'est peut-être pas tout à fait lui, mais   Léonard  semble vraiment  dans ses bonnes grâces  comme si dans le flot tumultueux  des errances du Canadien ,  Dieu   lui avait livré une bonne partie  de ses secrets.

Il était attendu et je me réjouis pour lui.  Léonard Cohen  s'annonce comme l'une des étoiles de 2012  dont bien  des Lumières semblent pourtant  si près de s'éteindre.

Faut-il s'étonner  de ce retour en cette année que l'on prévoit  apocalyptique ?  Vient -il comme en 1992,  avec de sombres prophéties  en guise d'avertissement ?

 "Les choses vont partir dans toutes les directions
Il n'y aura plus rien
Plus rien que vous pourrez mesurer
Le blizzard du monde
a franchi le seuil
et il a renversé
l'ordre de l'âme
Quand ils disaient REPENTANCE
Je me demande ce qu'ils voulaient dire "
The Future 1992

 

Pas la peine de trembler : La catastrophe a déjà eu lieu.  Nous vivons désormais avec  elle. Si Léonard   devait  être  un guide,   ce serait simplement '  "Un manuel pour vivre avec la défaite"  comme il le dit dans  sa chanson  "Going Home".

 

Si le frisson ne vient pas de la peur d'un péril imminent,  il me parcourt à l'écoute de certaines de ses chansons  en lesquelles sa voix caverneuse parfois accidentée se perd dans un souffle porté par la musique et par le chœur   des anges,  ces voix de femmes   qui m'emmènent,   comme autrefois  Suzanne,  sur un rivage désormais plus  abrupt.

Ces mots chuchotés qui implorent qui prient  anticipent la mélodie qui les sacralise   et sa voix profonde   font surgir de la nuit une  cathédrale  tremblée,  emportée par de grandes orgues   mélancoliques.

"Old Idéas "est-il le plus spirituel  de ces albums? Bien difficile à dire  !  "Various Positions" sorti 1985 avec et son grandiose "Halleluya"  mais aussi "Dance Me to The End Of Love" ou "If It Be Your Will "est l'un de ceux que je préfère .; Chez Cohen , trop  de chansons   me transcendent pour que je me résigne à choisir .

 "Old  Ideas"  ne m'a pas encore révélé tous ses mystères  et me promet  une palette d'émotions que je préfère goûter à petite dose pour mieux les savourer.

Bouleversant  d'authenticité, le poète se présente  nu dans la lumière qui décline. Sa vulnérabilité le porte aux nues car  si dans "Show Me The Place" il supplie :   "Montre-moi, l'endroit où tu veux que ton esclave engage ses pas  "   ,  il chemine à l'endroit ou le Divin s'est fait Homme.

 

06.02.2012

léonard Cohen, ce sublime jeune homme de 77 ans

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Pour moi, Léonard Cohen était surgi du passé l'été dernier,   je ne sais plus trop pourquoi ni comment  par le hasard d'un album trouvé à la bibliothèque et grâce à  un prestigieux prix littéraire pour sa poésie en Espagne.  J'avais adoré  ces retrouvailles. Je suis étonnée  d'avoir pu l'oublier aussi longtemps. Je l'avais lâché à à partir de l'album "New Skin for  the  Old Ceremony "parce  qu'ayant entendu à la radio  sa chanson "lovers", il m'avait semblé qu'il devenait plus commercial   alors que   cet album ne démérite absolument pas par rapport à ceux que j'aimais. Si  j'avais voulu oublier  Léonard  c'est  parce de qu'il me rappelait trop  Etienne  un ancien amour qui jouait ses chansons à la guitare me transformant en choriste pour la circonstance .

Mais si je m'étais détachée  c'était  sans doute parce que trop de gens aimaient Cohen et que mes amis de l'époque plus initiés que moi m'avaient fait découvrir d'autres  artistes. 

Depuis que j'ai retrouvé  Léonard, je  dois à ses chansons   mes  seuls moments de bonheur  dans l'ambiance chaotique   de ma vie de ces derniers mois.

Il  y a encore un an,  j'avais  été  amusée de  voir passer  sur Facebook un homme avec lequel  autrefois j'avais vécu  trois ans et en m'apercevant  qu'il avait gardé  les mêmes goûts musicaux. J'avais l'impression que Jacques était  resté  désespérément accroché  à sa période baba et    j'en riais gentiment.

Aujourd'hui je ne me sens pas "has been" en évoquant Léonard Cohen tout simplement parce qu'il n'est jamais parti et que sa création est toujours  vivante  .  En" ex fan des sixties", mon ancien compagnon  vénère des artistes morts depuis longtemps. Janis Joplin  qui me touchait tant autrefois me remue toujours autant mais sa voix me donne envie de pleurer et je préfère des émotions musicales moins douloureuses.

Léonard Cohen est là. J'ai pu écouter tous ses albums et  découvrir des pépites  Même  après sa  très longue retraite dans un monastère bouddhiste, il était toujours  présent mais son vrai grand retour était pour 2012 avec ce nouvel album  "Old Ideas"  sorti le jour de ma fête le 30 janvier. Je ne pouvais qu'y  voir le signe que je devais courir l'acheter ce que j'ai fait.

Ses deux albums précédents "Ten New Songs " et "Dear Heather" m'avaient un peu laissée sur ma faim.   Détachement bouddhiste  poids des années  ? Je n'y retrouvais pas les méandres    des amours tourmentés ni l'alchimie des passions qui ouvrent  le ciel, et encore  moins les prophéties  apocalyptiques de"  The  Future".

Ce que je crains dans la vieillesse, ce ne sont ni les rides, ni les  os qui rappellent leur âge mais l'ankylose  des sentiments, la baisse d'intérêt pour les choses de  ce monde, la capitulation du désir, l'émoussement des  passions,  ascèse qui peut être vécue dans la sérénité si le renoncement  est assumé mais qui peut se révéler cruelle  pour  toute personne   dont les attentes  amoureuses  se heurtent  à cette absence.

Le   détachement cohenien n'est jamais vécu dans la joie  totale. Dans  ces deux albums  précédents  planait une vague  impression de  tristesse   proche d'une   résignation qui ne lui ressemble pas tant que ça. Mais les eaux dormantes  attendaient des tourbillons  que malgré le recul,  la vieillesse ne suffit pas toujours à apaiser.

Et revoici Léonard  qui  à 77 ans  reprend sa guitare pour un nouvel album "old ideas"s défiant  les années.  Unanimement  salué par la critique, le meilleur parait-il depuis " I 'm Your Man "( 1988 ) Old Ideas    ce  ne sera probablement  pas le dernier.   Avec une voix de plus en plus vibrante , des musiques  envoûtantes   et des textes toujours aussi  inspirés  , il ne sera bientôt plus du tout possible de l'oublier. 

Il  n'a pas fini de surprendre lui qui dans une interview dit qu'il est encore jeune ce qui n'étonne pas vraiment puisqu'il a  encore  plein des projets;

A  des années lumière  d'un vieillard vaniteux de 94  ans   dont on nous rabâche les oreilles alors  qu'il  n'a vraiment pas grand chose à dire, il fait du bien  au cœur  et à l'âme,  ce talentueux jeune homme de 77 ans, pétillant d'humour  de grâce et   de gentillesse  dont  on espère qu'il nous fera rêver encore longtemps

Il n'a pas  besoin de faire la danse du ventre devant les medias  pour faire parler de  lui. Il est attendu. Il suffit qu'on sache qu'il est là et on accourt.

Il est simplement" lui-même" indépendamment de ce costume de dandy dont certains voudraient habiller son âme. Il est "lui-même"  en toute humilité  mais magnifiquement "lui-même "quand il révèle pour nous les  ombres les lumières qui le traversent ,  qui nous atteignent  et nous parlent aussi un peu de nous.

 

 

( à suivre)

 

01.02.2012

Des crêpes et des échanges amers

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C'était le seul rayon de  soleil dans cet immeuble où la folie destructrice d'un locataire et de quelques complices a abouti à un arrêté de mise en péril de deux appartements.

Si le reste de la maison   tient encore, c'est parce que ma petite famille n'a jamais baissé les bras et déjoué les principaux dangers;.  Heureusement, ll  y avait cette éclaircie avec ces jeunes locataires arrivés en plein conflit pris en otage  par ce voisin manipulateur  qui vouait les monter contre nous et contre le propriétaire  mais qui ont très vite perçu tous ces mensonges.

Au dessus  de chez nous, il y a un jeune apprenti que le propriétaire tient en haute estime  .Étant les "vieu" x de l'immeublen  nous avons  comme toujours ,accepté de rendre service ou de conseiller les jeunes voisins dont c'est souvent le premier logement et les premiers pas dans la vie. Ces jeunes locataires nous aidaient à résister aux  provocations   et aux attitudes  machiavéliques du voisin qui voulait bousiller l'immeuble.

 

 Au tout début de l'année quand la tension était à son comble  parce que les destructeurs voulaient jouer leur va-tout avant la visite des experts, Ce gentil voisin portait des meubles avec une jolie jeune fille blonde et m'a dit avec un sourire radieux  "qu'ils continuait à emménager.   J'ai pensé qu'ils allaient habiter ensemble, et tente de construire un petit nid d'amour malgré  une ambiance détestable dans l'immeuble et je me suis dit que c'était la vie qui reprenait le dessus.

 

Entre temps il ya eu cet arrêté de péril.  L'appartement du locataire indélicat  dont l'expulsion devrait être prononcée au printemps est formellement interdit  à l'habitation mais rien  ne bouge. Le fauteur de trouble est toujours là personne ne se précipitant pour le reloger. Si rien n n'est fait il devrait donc rester dans un logement interdit à l'habitation ( jusqu'à la réalisation des travaux)  au moins  pendant toute la trêve hivernale. Il ya désormais un malaise dans cette maison et toujours un sentiment d'inquiétude de ne pas savoir réellement  ce qui se passe.

 

Est-ceci qui parvient à chambouler les locataires  les plus équilibrés ? Samedi le soir mon sympathique voisin  du dessus est venu nous demander si nous n'avions pas une passoire parce qu'ils avaient voulu fait des crêpes mais que la  pâte  faisait des grumeaux. Nous n'avions pas de passoire comme il voulait mais nous lui avons proposé de lui prêté un batteur électrique. Il semblait content.  Georges lui a dit qu'il pouvait le rendre dimanche soir car il n'en avait pas besoin avant.

 

A ce jour, il ne nous a  toujours pas rapporté  batteur  sans  nous donner d'explication.

 

 Dans un autre contexte de voisinage, je serais  peut-être allée  lui redemander mais  craignant le voisin  indélicat qui cherche le moindre prétexte pour  tenter une altercation nous en resterons là nous disant qu'un jour peut-être il le rendra ou nous dira ce qui s'est passé avec ce batteur. Et l'on  peut tout aussi bien cuisiner sans.

 

Il est bien évident que ce n'est  plus la peine qu'il vienne nous demander autre chose. Plus que l'attachement à cet ustensile de cuisine, c'est  la prise de conscience  que décidément plus rien  n'est fiable qui nous affecte. Les relations humaines sont de plus en plus  précaires et je m'aperçois que les codes sociaux ont éclaté.

 

Qu'est-ce qui peut se passer dans la tête d'un jeune d'a peine plus de 20 ans pourtant souriant et poli pour considérer qu'il n'a pas besoin de rendre ce qui lui a été si gentiment prêté.   Je sais qu'il  n'a pas beaucoup d'argent mais ne s'est-cil pas rendu compte en  entrant chez nous que nous étions sans doute aussi pauvres que lui ?

C'est peut-être parce que rien  n'est  normal dans cet immeuble qu’on ne sait plus à quoi se raccrocher.

 

Quand socialement  tout devient chaotique les échanges entre les gens   deviennent incohérents.

 

26.01.2012

Le désir de Vous

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« Catharsis : Vous me faîte mal, Vérité.  Pourquoi gardez-vous ce masque de Zorro  ?  C’est puéril. Il n’a y a aucun bandit ou alors le bandit est en chacun de nous avec le diable et aucun Zorro n’en viendra à bout. Je vous ai reconnu. Je vous croyais plus âgé : plus de soixante ans, peut-être bien plus encore sans doute à cause de cette sagesse qui enveloppe chacun de vos mots même lorsqu’ils sont durs. Je vous ai aimé sans visage mais je vous aime encore plus à présent que je vous vois.  Pour ne pas être déçue, j’ai imaginé tout ce que vous auriez de bonnes raisons de vouloir cacher derrière la virtualité : le nombre d’années, la calvitie, les kilos, les cicatrices,  la maladie, le handicap. Je me sentais emplie d’un amour inconditionnel.  Peu m’importait de savoir   à quoi vous pouviez ressembler : votre beauté spirituelle vous transfigurait   d’avance.  J’ai senti le désir de vous comme une fièvre obsédante qui me dévore qui me parcourt,  perçu les frémissements de ma vulve  prête  à vous recevoir et vous aimer  jusqu’au bout de mes doigts impatients de  caresser chaque centimètre de votre corps qui ne peut être que sublime. Je voulais vous aimer dans votre vérité et  je vous trouve presque trop beau.  Vous êtes humainement beau quand celui que j’attendais était tout simplement magnifique. La véritable beauté est celle que l’amour invente et qui n’appartient qu’aux amants. »

  extrait de ma  pièce  "La Toile"  

24.01.2012

Le déni

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Depuis le mois de juin je vis au rythme de la succession d'évènements plus ou moins graves perturbent mon immeuble avec  en point d'orgue  un  mur sur un pallier  menaçant de s'écrouler sur les gens et pour quotidien des provocations; le droit de se faire traiter de facho alors que j'ai toujours voté à gauche. Il nous a fallu contourner plusieurs mises en danger suite à des actes  de vandalisme et malveillances.

Depuis plus de six mois,  suis sur le qui-vive, je fais des cauchemars mais j'espérais qu'au moins la justice  trancherait. Je viens d'apprendre que la plainte pour mise en danger d'autrui restera lettre morte.  Non-lieu,  retrait, arrangement à l'amiable? Je ne saurais jamais. On ne nous dit pas tout, à nous pauvres locataires miséreux §  Nous sommes la dernière roue de la charrette  !

Bref c'est comme si tout ceci n 'avait jamais existé. C'est comme si notre parole  n'avait pas à être entendue, que le cauchemar que nous fait vivre depuis des mois  ce voisin était dans l'ordre naturel des choses.  Au mieux, il sera expulsé en temps voulu et  partira quand un  bailleur social  lui trouvera un logement; Alors c'est ça une expulsion ? Mais pourquoi  il y a -t-il autant  de SDF si avant de vous expulser,    on attend  qu'on vous propose un relogement. ? Je n'ai pas eu cette chance quand avec ma famille  ( mon fils avait cinq ans)  nous avons reçu  un commandement  à quitter les lieux  ! Si désormais  les lois protégent mieux  les personnes expulsées  on ne  peut que s'en réjouir mais quand je pense à tous ces malheureux qui dorment dehors, je me dis que face à la pénurie de logements il y aurait  des personnes à reloger bien  avant lui !

Si le propriétaire  n'est pas plus affecté que ça , c'est que les choses ne tournent pas si mal que ça pour lui. On est bien content pour lui.  Mais nous,   qui avons été traînés  dans la boue,  qui avons à plusieurs reprises  et qui  évité le pire, notamment en l'avertissant à temps du risque d'effondrement du mur  pouvons nous espérer une réparation pour le dommage moral  que nous subissons depuis des mois ?

Si le mur n'avait pas été consolidé à temps grâce à notre vigilance et    surtout grâce aux maçons  appelés par le propriétaire, il y aurait eu des morts ou des blessés graves une semaine plus tard lorsque des étudiants se sont appuyés ce mur pour  faire passer une machine à laver sur ce pallier avant de tourner pour descendre l’escalier.  

Si au lieu des parpaings mis par les maçons,  il y avait toujours eu   le pan de mur défoncé,  il  y avait un réel risque d'effondrement car la colonne de soutien de ce mur était entamée. S'il y avait eu des morts, la plainte pour mise en danger  aurait  suivi  son cours et là,  on aurait trouvé des responsables.

Qu'est ce qu'on gagne  pour avoir fait preuve de civisme en signalant un danger et donc permettant son évitement   nous  attirant  l'hostilité  les provocations dénigrements   et  agressions verbales  de ce voisin ? Tout ça pour voir  notre témoignage nié et  nous épreuves ignorées.

Nous aussi on aurait pu être je-m'en-foutistes  et ne rien dire. Et vogue la galère

Allez  tout ça n'a jamais existé, n'en parlons plus !   Personne ne se souciera de ce que nous avons subi. Notre  vie quotidienne a été bousillée depuis des mois ; il faut  nous  reconstruire  quand même,  mais avec ce type  en face de chez nous, ça va être difficile puisqu'il va pouvoir nous narguer de plus belle !

Mais puisqu'on doit  lui donner un bel appartement pour le comportement exemplaire dont il a fait preuve mois  en se débrouillant pour avoir un logement insalubre sans  qu'on comprenne très bien pourquoi- ça vous tombe dessus comme  ça l'insalubrité  :  c'est la faute à personne si ya que chez vous que c’est comme ça  la  fatalité sans  doute-   alors oui puisqu'il mérite autant d'égards, au moins qu'on le reloge dans les plus brefs délais pour qu'on puisse tenter d'oublier tout ça.

Qu'on  lui donne un château si on veut  pour son  civisme  à tout crin mais au moins qu’il  parte vite  !   En ce qui nous concerne ça fait 20 ans que nous qui sommes  mal logés  à trois dan un appartement avec des mezzanine  sans possibilité de nous isoler, mais nous ne risquons pas de nous voir proposer un logement plus adapté à nos besoins   On sait pas y faire,  sans doute 

Si je devais me réincarner un jour dans un monde aussi tordu que celui-ci,   je ne choisirais peut-être pas d'être réglo. Mais à mon âge il est trop tard. Faut bien qu'il y ait de gens pétris de bonnes intentions pour encaisser les  coups à la place des autres !

 Reste que je pourrais toujours écrire un livre racontant  en détail de ce que nous avons vécu.  Je changerais les noms et les lieux,   mais je  me dis que c'est un devoir pour moi de témoigner et peut-être  enfin me libérer de cauchemar.